Les Dagbert de St Etienne-au-Mont

Avant de rapporter les Dagbert qui apparaissent  dans les premiers registres paroissiaux disponibles d’Outreau en 1685 , il convient  de faire un petit détour vers la paroisse  voisine de Saint Etienne-au-Mont  où les premiers registres disponibles datent  de 1629 (baptêmes) et 1668 (mariages et sépultures)  et donc le lien avec les Dagbert des contrats notariés de la section précédente est plus facile.

Parmi les premiers baptêmes rapportés dans les registres de St Etienne on retrouve les enfants de couples décrits dans la section précédente : Charlotte (1641), Louis (1643) et Jacqueline (1644) Watel de Jacques Watel et Charlotte Dacquebert, fille de Pierre et Adrienne du Rieu, ainsi que Jeanne (1644), Marie 1647), Anne (1651), Judith  (1654) et Jacques  (1655)  de Jacques Dacquebert, fils de Marc et Michelle Haigneré, et Jeanne Forestier (voir les Dagbert de Wimille pour plus de détails sur cette branche) . On a également les derniers enfants du couple de Girault Dacquebert  et  Marie Lavoine, soient  Jacqueline (1671), Marie Jeanne (1674) et Jean (1677) qui sont baptisés à St Etienne  (voir également les Dagbert de Wimille pour plus de détails sur cette famille).

Un seul couple apparaît clairement enraciné à St Etienne. Il s’agit de celui formé de Jehan Dacquebert et Louise Routtier. FAB-Routtier (p. 804) nous présente Louise, née vers 1617, comme la fille de Nicolas Routtier, laboureur à Quéhen à Isques et Jehenne Brunet, originaire de Tardinghen. En 1636 elle épouse (cm Mansse) Jacques Huguet puis en 1639 (cm Mansse) Jehan Dacquebert, laboureur à St Etienne. En 1654, ce même Jehan est désigné tuteur comme oncle des enfants de Jehan Routtier, le frère de Louise, et Peronne de Bonningue quand il donne en location à Regnault de Habart, laboureur à Tardinghen, et à Jehanne de Parenty sa femme, un domaine de 60 mesures à Tardinghen au loyer annuel de 400 livres (c. Vaillant).

Le couple Dacquebert-Routtier a au moins six enfants, tous baptisés à St Etienne entre 1641 et  1655 (Table 3).  L’aîné Antoine, baptisé en 1641 avec Antoine Lardé (probablement le deuxième époux de Marie Routtier, la sœur de Louise) et Antoine DuCrocq comme parrains et Jeanne Davault comme marraine, décède à St Etienne en 1671 à 29 ans vraisemblablement célibataire  (son acte de sépulture porte une signature Routtier qui pourrait être celle de sa mère et donc son père était probablement mort à cette date). Suit Marie, baptisée en 1644 avec Jean Bacquet comme parrain et Marie Davault et Johanne Duflos comme marraine et probablement morte en bas âge.

Le troisième enfant du couple Dacquebert-Routtier est Péronne Dacquebert , baptisée en 1646 avec Jean Davault comme parrain et Péronne Routier comme marraine . On pense que c’est elle qui épouse en 1669 à St Etienne Jacques Rivenel, fils de Jacques et Françoise Lelièvre selon geneanet vlecuyer. Les témoins sont Anthoine Dacquebert qui pourrait être le frère aîné de Péronne et Anthoine Vigneron. On n’a retrouvé qu’un seul enfant du couple Rivenel-Dacquebert, Gabriel, baptisé à St Etienne en 1670 avec Gabriel(le) Robert comme parrain et Marie Grandsire comme marraine et décédé quelques mois plus tard. Geneanet vlecuyer ajoute Françoise et Marie Madeleine Rivenel qui toutes deux prennent époux mais sans préciser de date et lieu de baptême. Toujours selon geneanet vlecuyer, c’est la même Péronne qui se remarie en  1684 (cm Guillot) avec Charles Deseille, fils de Noel et Isabeau Le Porcq de Marquise. Leur fils Jean, baptisé en 1685 à St Etienne, a pour parrain Jean Dacquebert qui pourrait être le frère de Péronne dont on n’a pas retrouvé la date et le lieu du décès.

Suit Jean Dacquebert baptisé en 1650 avec Jacques Routtier (peut-être le frère cadet de Louise) comme parrain et Catherine Lambert (peut-être l’épouse de Jean Habart) comme marraine. En 1676, il épouse à St Etienne Suzanne Froideval, fille de Claude Froideval et Marguerite Ducamp (l'époux signe Jean Dacbert et l'épouse laisse sa marque. Marques de Claude Froideval, probablement le père de l’épouse, François Dagbert, probablement le frère de Jean, et peut –être Louise Routtier, la mère de Jean, et signature de Jacques Rivenel, le beau-frère de Jean. L'acte de fiançailles est aussi marqué de François Froideval, peut-être le frère cadet de l’épouse). On retrouve la signature de Jean (1) sur l’acte de décès de son beau-père Claude Froideval, à 75 ans, en 1678, toujours à St Etienne (2) comme témoin au mariage de Jacques Dacquin, fils de défunts Sébastien et Marguerite Morel avec Nicole Touret fille de défunt Marc et Françoise Froideval, la sœur aînée de Suzanne en 1688 à St Etienne. Le couple Dacquebert-Froideval n’aurait eu que deux enfants. L’aînée Nicolle Dagbert est baptisée en 1677 à St Etienne avec Jean Froideval (peut-être le frère cadet de Suzanne) comme parrain et Nicolle Dacquebert qui signe comme marraine et dont nous reparlerons plus loin. C’est vraisemblablement elle qui épouse en 1720 à St Etienne, Pierre Flahaut, « gourlier » (marchand de ceintures) de Montcavrel, village du Montreuillois (Les deux époux signent l’acte qui porte la marque de Pierre Flahaut père et celle de François Dagbert, vraisemblablement le frère de Jean et oncle de l’épouse ainsi que les signatures de Joseph Dumoulin, Jeanne Alix Bernard, Marie Anne Davault et François Froideval, peut-être le cousin de l’épouse). Pierre est peut-être celui qui est inhumé à St Etienne en 1728 à l’âge de 35 ans. Nicolle s’éteint, veuve, à 70 ans, en 1746 à St Etienne avec Antoine Deloziere, vraisemblablement le beau-fils de sa sœur,  et Jean Routtier comme témoins.

La cadette Françoise Angélique Daguebert serait née vers 1680 (pas de baptême dans les BMS de St Etienne). En 1707, elle épouse à St Etienne, Claude Rolland, charpentier et charron de Neufchatel (Hardelot), fils présumé de Jean Rolland et Marie Sauvage de cette paroisse (Les époux laissent leur marque ainsi que François Daquebert, vraisemblablement l’oncle de l’épouse, Suzanne Froideval, vraisemblablement la mère de l’épouse. L’acte porte également les signatures de Jean Rolland, Gabriel Sauvage, vraisemblablement le cousin de l’époux, Jacque Sauvage, Jean Dacbert, vraisemblablement le père de l’épouse, Jean Dagbert, peut-être un frère de l’épouse et Nicolle Dagbert, probablement la sœur aînée de l’épouse). Le couple Rolland-Daguebert s’établit à Neufchatel où cinq enfants sont baptisés. L’aînée, Marie Angélique Rolland, l’est en 1707 avec Jacques Dubois comme parrain et Nicolle Dagbert, probablement la sœur de Françoise Angélique, qui signe comme marraine. En 1732, elle épouse à St Etienne Antoine Deloziere, également gourlier mais de St Etienne (sur l’acte on reconnaît la signature des deux époux, celle de de Nicolas Deloziere, Marie Isabelle Routier, François Manet et Marguerite Davault ainsi que la marque de Claude Roland, vraisemblablement  le père de l’épouse) avec descendance Deloziere à St Etienne. En 1710, c’est autour de Jean Rolland d’être baptisé dans l’église de Neufchatel. Son parrain est Jean Dacquebert, de St Etienne probablement un frère de Françoise Angélique et sa marraine est Marguerite Rolland, probablement la sœur de Claude. Jean qui sera charron et charpentier à Neufchatel comme son père épouse successivement Marie Marguerite Corby de Widehem à Widehem en 1742 puis après la mort de cette dernière quelques mois plus tard, Marie Marguerite Barbe Hautefeuille, fille de défunt Claude Hautefeuille, maréchal, et Marie Barbe Delattre, en 1743 à St Etienne (Les témoins sont Anthoine et François Rolland, frères de l'époux, de la paroisse de St Etienne, Gabriel Sauvage, maître de la poste à Samer, de Marie Barbe Delattre, mère de la mariante, de François et Nicolas Delattre, oncles de la mariante et maréchaux à St Léonard et à St Etienne respectivement, et Bernard Vincent, laboureur, avec sa femme Magdeleine Delattre, tante de la mariante)  avec descendance Rolland à Neufchatel. Claude Rolland et Françoise Angélique Daguebert (devenue Marie Françoise Elizabeth Dacbert) s’éteignent à Neufchatel, lui en 1740 et elle en 1746. Dans les deux cas, leur beau-fils Antoine Deloziere est témoin.

A ces deux filles du couple Dacquebert-Froideval, on pourrait peut-être ajouter un garçon, Jean Daguebert, décédé célibataire à 39 ans en 1720 à St Etienne, à peine quelques jours après son père. C’est probablement un des deux Jean Dagbert (l’autre est son père présumé) qui signe au mariage de sa sœur présumée Marie Françoise Angélique en 1707. Comme cette sœur, il n’aurait pas été baptisé à St Etienne et on peut penser que le couple Dacquebert-Froideval a quitté momentanément cette paroisse vers 1680-81. Suzanne Froideval est inhumée à St Etienne en 1708 à 62 ans alors Jean Dacquebert l’est en 1720 à 70ans (certains auteurs comme le père Césaire et geneanet vlecuyer placent le décès de Jean à 40 ans en 1689 à Outreau; les dates correspondent comme les nôtres mais cette version est incompatible avec la présence de Jean au mariage de sa fille Marie Françoise Angélique en 1707).

Le cinquième enfant du couple Dacquebert-Routtier aurait été François Dacquebert baptisé en 1652 avec Anthoine Routtier peut-être le frère de Louise, comme parrain et Françoise Davault comme marraine. On pense que c’est lui qui aurait épousé Marie Dulos puis, après de décès de cette dernière en 1687 à St Etienne, il se serait remarié en 1688 toujours à St Etienne avec Marie Dacquebert, fille de Girault Dacquebert et Marie Lavoine des Dagbert de Wimille (les époux laissent leur marque; les autres témoins cités sont G. Dacquebert, probablement le père de la mariée, J. Dacquebert, probablement Jean le frère du marié et Charles Deseille, probablement le deuxième époux de Péronne, la sœur du marié). Le couple n’aurait eu qu’une fille Nicolle, baptisée en 1689 et qui ne survit que quelques semaines. François Dacquebert est peut-être le parrain de Jean Seillier, fils de François et Marie Levisne, baptisé en 1688 à St Etienne et c’est probablement sa marque très particulière que l’on retrouve sur l’acte de mariage de son frère Jean avec Suzanne Froideval en 1676, sur celui de sa nièce Marie Françoise Angélique avec Claude Rolland en 1707 et sur celui de sa nièce Nicolle avec Pierre Flahaut en 1720. On n’a pas retrouvé le lieu et la date du décès de François et de son épouse Marie.

Le dernier enfant connu du couple Dacquebert-Routtier est Suzanne baptisée en 1655 avec Pierre Ducrocq, sieur de la Motte, comme parrain et Magdeleine Davault comme marraine et qui est vraisemblablement morte en bas-âge.

A ces six enfants dont on a retracé le baptême, on pourrait ajouter Nicole Dacquebert qui signe comme marraine au baptême de Nicolle, la fille de Jean, donc son frère présumé, et Suzanne Froideval en 1677. Il se pourrait que ce soit elle qui est l’épouse de Pierre Tillier avec un enfant, Jean, baptisé à St Etienne en 1668 (avec  Jean Lardé de la paroisse d’Isques qui signe comme parrain et Péronne Dacbert, probablement la sœur présumée de Nicole qui signe comme marraine). Ce Pierre est peut-être celui qui, laboureur au hameau de Auffringues, décède à 24 ans en cette même année 1668.
 

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