La cinquième génération

Des treize enfants recensés de Louis Marie Daguebert et Marie Françoise Moreau de Vernicourt entre 1786 et 1804, dix atteignent l'âge adulte et sept fondent des familles (Table 7). L'aîné, Jacques Antoine Marie Daguebert est baptisé à Outreau en 1786 avec ses aïeuls Jacques Antoine Dacquebert et Marie Jacqueline Destrée, veuve Vernicourt, comme parrain et marraine. Il restera célibataire et ne prendra pas la succession de son père à la ferme du Renard après la mort de celui-ci en  1816. Il quitte Outreau avant 1820 et s’établit à Boulogne où il est « carretier », propriétaire et loueur de voitures. Il s’y éteint en  1854 à 68ans, « louager » au 11 rue du Bras d’Or avec ses amis François Ledez, 53 ans, maître menuisier, et Jean Pierre Eloi Frane, 67ans, cordonnier, comme témoins. Suit Florentine Adélaïde Caroline baptisée en 1787 avec son oncle par alliance Jean Charles Delplanque pour parrain et sa tante Louise Adélaïde Moreau de Vernicourt comme marraine et qui décède célibataire à seulement 18ans en 1805.

Le troisième enfant du couple Daguebert-Moreau est Louis Marie Daguebert baptisé en 1788 avec Louis François Destrée comme parrain et sa tante Marie Jeanne Françoise Daguebert comme marraine. En 1813, il épouse à Outreau Marie Anne Louise Félicité Davault de Tihen, fille de feu Antoine André Davault de Tihen, propriétaire cultivateur à Outreau, décédé un mois plus tôt et Marie Anne Bouchel, « vivant de son bien » à Outreau (Les époux signent ainsi que les témoins : Jacques Marie Antoine Daguebert, 27ans, propriétaire loueur de voitures à Boulogne, Alexis Marie Daguebert, 23ans, propriétaire, frères germains de l'époux, Pierre Marie Davault du Tihen, 28ans, propriétaire, frère germain de l'épouse et Jean Baptiste Brasdefer de l’Étang, 23 ans, cultivateur propriétaire à Hardinghen, cousin germain de ladite épouse. Signatures des parents de l'époux et de la mère de l'épouse).  Félicité est veuve de Jacques Philippe Geneviève Bergez, originaire d’Auch dans le Gers, membre de la Légion d'Honneur et capitaine au 57e régiment d'Infanterie, mort en 1808 à Stargard en Prusse qu’elle avait épousé en 1805 à 16 ans et duquel elle a eu une fille Félicité. Louis Marie est propriétaire cultivateur mais pas à la ferme du Renard même après le décès de son père en 1816, plutôt au hameau de La Salle (1819) et celui de Thien (1829 et 1832) au sud du Portel, vraisemblablement sur les terres de son épouse qui décède à 42ans, en 1831, à son domicile au hameau de La Salle (les témoins sont Philibert Moreau de Vernicourt, 52 ans, bel oncle du côté paternel et Augustin Coppin, voisin, cultivateur propriétaires). Louis Marie lui s’éteint en 1861 à 75 ans à son domicile du Portel (les témoins sont Louis Antoine Armand Moreau de Vernicourt, 53ans, propriétaire à Outreau et  Jules Tronchon, 30ans, cordonnier au Portel, voisin et ami). Le recensement d’Outreau de 1831 montre 13 personnes pour le « ménage » Daguebert-Davault de Tihen : le père Louis Marie, 43ans, et la mère Félicité Louise, 42 ans, Félicité Bergez, 26ans, fille du premier mariage, Marie Anne Mélanie Louise, 16ans, Louis Marie, 10 ans, Auguste Alexis, 7ans, Barthélémy Philibert, 2 ans, les enfants du couple, Pierre Roland, 23ans, Félix Debauve, 18ans, Catherine Longer, 22ans et Marie Joseph Cailleux, domestiques et finalement J. Leby, 16ans, vacher. Le couple Daguebert-Davault  a cinq enfants nés à Outreau entre 1815 et 1829 avec les témoins suivants : de nouveau Philibert Moreau de Vernicourt, 36ans, propriétaire cultivateur à Outreau et Louis  Destrée, 25 ans, propriétaire à Outreau pour Marie Anne Louise Mélanie en 1815, l’oncle Alexis Marie Daguebert, 29ans, propriétaire cultivateur à Outreau et Félix Herbez, 62ans, propriétaire pour Louis Marie Éloi en 1818, Louis Pierre Victor Destrée, propriétaire rentier à Outreau et l’oncle Jacques Antoine Marie Daguebert, propriétaire à Boulogne pour Louis Marie Jacques Antoine en 1821, de nouveau l’oncle Alexis Daguebert, 34ans, alors propriétaire cultivateur à Bazinghen  et Antoine Louis Joseph Nacry, 52ans, cultivateur à Outreau pour Auguste Alexis Marie en 1824 et finalement, Philibert Moreau de Vernicourt, 21 ans et de nouveau Felix Herbez, 72ans, propriétaires à Outreau pour Antoine Barthélémy Philibert en 1829. Celui de 1861 au Portel montre Jean Louis Daguebert, 72ans, rentier avec sa belle fille (née du premier mariage de Marie Anne Félicité) Félicité Bergez, 56ans et ses enfants Mélanie Daguebert, 46ans et Philibert Daguebert,32ans  Les deux enfants qui se marient le font avec des enfants de Jean Louis Quéhen, de la région de Hardinghen, mort à Boulogne en 1846 et Marie Eugénie Brasdefer de Létang, apparentée aux Davault de Tihen. Il y a d’abord Marie Anne Louise Mélanie Daguebert qui à près de 50ans épouse en 1864 au Portel Prosper Constant Quehen, boulanger à Boulogne (Les époux, la mère de l'époux et les quatre témoins signent : Auguste Quéhen, 42ans, charcutier, frère germain de l'époux, Charles Delahodde, 39ans, chapelier, son beau-frère, tous deux de Boulogne, Philibert Daguebert, 34ans, rentier au Portel, frère germain de l'épouse et Firmin Buret, 59ans, propriétaire à Boulogne, ami de l'épouse). Son frère cadet de près de 15ans, Antoine Barthélémy Philibert Daguebert est sans profession à Outreau quand il épouse en 1866 à Boulogne Marie Isabelle Stéphanie Quéhen (Les époux, la mère de l'épouse et les quatre témoins signent : Daniel Caron,  31 ans et Firmin Buret, 59ans, propriétaire, tous deux amis de l'époux, Auguste Adolphe Quehen, 42ans, charcutier, frère de l'épouse et  Charles Delahodde, 41ans, chapelier, beau-frère de l'épouse, tous de Boulogne). Ces deux couples sont vraisemblablement sans descendance. Constant Quehen est charcutier rue Porte Neuve quand il décède à 57ans en 1878. Mélanie Daguebert le suit trois ans plus tard; elle réside alors rue Wicardenne. C’est sur cette même rue que son frère Philibert s’éteint en 1891 à 61 ans et toujours sans profession.

Suit Alexis Marie Daguebert baptisé en 1789 avec pour parrain Pierre François Coppin (c’est probablement le fils de Claude Coppin, beau-frère de Jacques Antoine Dacquebert, son grand père – voir plus haut) comme parrain et demoiselle Marie Anne Bouchel Tihen (ce sera l’épouse d’Antoine André Davault de Tihen père de Félicité qui épousera son frère Louis Marie Daguebert – voir plus haut) comme marraine. On a vu qu’il est propriétaire à Outreau en 1813 quand il signe comme témoin au mariage de son frère aîné Louis Marie. C’est également l’aîné des enfants du couple Daguebert-Moreau qui est cité dans le recensement de 1820 à la ferme du Renard donc on peut penser que c’est lui qui a pris la succession de son père après la mort de ce dernier en 1816. En 1821, il est propriétaire cultivateur à Outreau quand il épouse à Ambleteuse une jeune fille de 20ans, Marie Catherine Françoise Seillier, fils de François Magloire Seillier, 42ans, propriétaire cultivateur à Ambleteuse et Marie Marguerite Gresy, 59 ans, ménagère (Les époux signent ainsi que la mère de l’époux et les parents de l’épouse. Les témoins qui tous signent sont : Jacques Antoine Daguebert, 35ans, propriétaire carrossier et loueur de voitures à Boulogne, Jean Marie Daguebert, 25ans, propriétaire cultivateur à Outreau, tous deux frères de l’époux, Pierre François Gresy, 66ans, rentier et Jacques Antoine Defosse, 34ans, aubergiste, tous deux d’Ambleteuse, le premier oncle et le deuxième cousin germain du côté maternel de l’épouse). Ce couple Daguebert-Seillier a une importante descendance décrite à la section suivante. C’est en suivant leurs lieux de naissance qu’on s’aperçoit qu’Alexis ne réside plus à Outreau après son mariage. Il est cultivateur à Bazinghen (1823-1826) puis Neufchatel (1828-1840), aubergiste à Lacres (1844), domestique puis cultivateur à la ferme du Renard d’Outreau alors dirigée par son frère cadet Firmin (1846 et 1851), ménager à Samer (1846-1848) et finalement cultivateur à Ambleteuse en 1854 quand il y décède à 65ans (les témoins sont son fils Alexis Daguebert, 32 ans, cultivateur et bientôt maire et François Duquesne, 53 ans, voiturier). Après sa mort, Catherine Seillier reste dans la région d’Ambleteuse et s’éteint à Outreau en 1890 à près de 90 ans. On notera qu’Alexis et Catherine ont toujours leur tombe au cimetière d’Outreau.

Suit Marie Louise Daguebert, baptisée en 1791 avec Jacques Louis Destrée comme parrain et Marie Louise Marmin (probablement  une cousine de sa mère Moreau de Vernicourt) comme marraine. Elle restera célibataire et en 1823, lors d’un partage de la ferme du Renard, elle vend sa part à son frère cadet Firmin Daguebert. Elle décède à la ferme du Renard en 1852, à 61 ans avec Henri François Philibert Barthélémy Moreau de Vernicourt, 45 ans, propriétaire et Louis Antoine Armand Moreau, 41 ans, propriétaire, ses cousins germains, comme témoins. Son frère Jean Marc Daguebert naît un an plus tard ( le parrain est Gabriel René Fourcroy, charron et la marraine, Marie Antoinette Gabrielle Sergeant) et lui aussi reste célibataire et propriétaire cultivateur jusqu’à sa mort en 1856 à 64 ans (Victor Jean Louis Duquennoy, 43ans, couvreur en tuiles et Alexandre Seguin, 28ans, cordonnier, sont témoins)

Le septième enfant du couple Daguebert-Moreau, Marie Anne Alexandrine Daguebert, née en 1793 avec Claude Coppin (vraisemblablement le beau-frère de son grand père) et  Marie Anne Moreau (vraisemblablement une tante du côté maternel, née en 1775) comme témoins (on notera qu’en 1793, la particule «de Vernicourt » a disparu tant pour la tante que pour la mère) a une bien curieuse destinée. En 1817 elle accouche à la ferme du Renard de jumeaux naturels (Alexandre et Alexandrine) qui ne survivent que quelques jours. En 1820, elle épouse à Outreau Etienne Théodore Constant Baudry, natif de Condette et cultivateur à Outreau, fils de Jean Théodore Baudry , propriétaire cultivateur à Outreau (hameau de Manihen) ,  et Marie Françoise Constance Bodart (Les époux signent ainsi que la mère de l'épouse, le père de l'époux et les témoins : Antoine Barthélémy Philibert Moreau de Vernicourt, 41ans, cultivateur propriétaire, cousin de l'époux; François Ansel Rivenez, 55 ans, maréchal ferrant, ami de l'époux; Alexis Marie Daguebert, 30 ans et Jean Marie Daguebert, 25 ans, cultivateurs et frères germains de l'épouse). Dans le recensement d'Outreau de 1820, Théodore Baudry est un cultivateur de 25 ans, avec son épouse et leur fille nouvelle née ainsi que les domestiques : Moreau François Droit, 17 ans, célibataire, Louis Marie Fourniez, marié, 24 ans et Antoine Humez, célibataire, 30 ans ainsi que les ménagers : François Nacry et son épouse, Félicité Mequignon , tous deux âgés de 22 ans (ce François Nacry est un cousin de Marie Anne Alexandrine – voir plus haut). Le couple  Baudry-Daguebert a beaucoup d’enfants et très vite (8 en 8 ans incluant des jumeaux une deuxième fois pour la mère). Parmi les témoins à ces naissances toutes à Outreau, on retrouve Felix Herbez (propriétaire de 64ans en 1820 qui ne semble pas être relié aux Daguebert ou aux Moreau) cinq fois, Antoine Nacry (ménager de 57 ans en1828; lui est relié aux Daguebert, c’est l’oncle d’Alexandrine et le père de François, ménager pour Théodore Baudry en 1820) quatre fois ainsi que Jean Théodore Baudruy, le père de Théodore, Pierre Bodart, son oncle cultivateur à Condette, Jacques Antoine Daguebert, propriétaire à Boulogne et frère d’Alexandrine, Louis Marie Daguebert (Davault de Tihen), propriétaire à Outreau, son autre frère, Louis Victor Destrée, propriétaire et François Jean Marie Rougegrez, ménager. Quatre de ces enfants décèdent en très bas âge. Dans le recensement d’Outreau de 1831, Theodore Baudry qui était encore cultivateur en 1828 est charpentier de 36ans, avec son épouse Alexandrine Daguebert du même âge et quatre enfants : Alexandrine, 11 ans, Louise, 8 ans, Sophie 5 ans et Théodore, 2 ans. La famille n’est plus dans le recensement d’Outreau de 1836 mais on retrouve l’aînée, Alexandrine, chez Pierre Petit, marchand de paillassons à Condette la même année ainsi qu’en 1841 mais pas en 1846. Dans ces mêmes recensements de Condette de 1841 et 1846, on retrouve Théodore Baudry, le père, journalier et habitant chez sa mère Constance Bodart, mais sans le reste de la famille. En cette même année 1846, on inhume la mère Alexandrine Daguebert à l’hospice de Boulogne. Quant à Théodore le père, il s’éteint à Condette l’année suivante. Que sont devenus les quatre enfants encore vivants en 1831?. Pour l’instant, seule Sophie (Émilie) Baudry apparaît dans les registres de l’état civil de Boulogne et Condette. Entre 1845 et 1854, elle n’a pas moins de cinq enfants naturels (dont des jumeaux)  et au moins deux de ceux-là se marient 

Jean Marie Daguebert, le cinquième fils du couple Daguebert-Moreau, naît à Outreau en 1795 (Les témoins sont Jacques Antoine Marie Dagbert, 9ans, son frère, qui accompagne son père  et Florentine Adelaide Caroline Dagbert, 8ans, sa sœur, accompagnée de Marie Marguerite Baliard, femme de Claude Cozette, l'officier d'état civil. Pas de mention de Vernicourt). En 1822, alors qu’il est propriétaire cultivateur à Outreau (vraisemblablement à la ferme du Renard), il épouse à Echinghen Marie Antoinette Émilie Lefebvre, 24ans, originaire de Boulogne, fille de feu Jacques Antoine Marie Lefebvre, propriétaire cultivateur à Echinghen  et Marie Antoinette Pruvost, propriétaire (Les mères des époux signent ainsi que les témoins : Louis Arthur Augustin Gardere, 48ans, homme de loi de St Léonard, Jean Jacques Brachet, 47 ans,  de Boulogne, Jacques Antoine Marie Daguebert, 38ans, loueur de voiture à Boulogne et Louis Marie Dagbuebert,33 ans, propriétaire cultivateur à Outreau, tous deux frères de l'époux). Cette liaison n’est peut-être pas fortuite dans la mesure où Jacques Antoine Marie Moreau de Vernicourt, un frère cadet de Marie Françoise, la mère de Jean Marie est selon le recensement de 1820, cultivateur à Isques et marié avec Marie Françoise Austreberthe Lefebvre. Cette dernière est probablement reliée aux Lefebvre précédents même si on n’a pas encore pu retracer sa naissance (en 1779 selon le recensement) ni son mariage (à Boulogne en 1807 selon Vasseur-Moreau mais pas dans les registres). La fille de ce couple Moreau-Lefebvre, Françoise Antoinette Sophie Moreau de Vernicourt, épouse Jacques A
ntoine Lefebvre, frère cadet de Marie Antoinette Émilie en 1831 à Isques avec descendance Lefebvre dans cette commune. Le couple Daguebert-Lefebvre s’installe à Echinghen où Jean Marie est propriétaire cultivateur et où quatre de leurs cinq enfants sont déclarés ou Isques où est déclaré le cinquième et où la famille est recensée en 1831. La famille a cinq filles entre 1824 et 1833. Les témoins des naissances sont tous des voisins d’Echinghen ou d’Isques : les propriétaires Louis Marie et Maxime Pérard, François Philippe Petit , Louis Brachet, Claude Boutillier, le maçon Louis Grégoire, et le ménager Jean François Felix Poix. Au recensement de 1831 à Isques, on retrouve Jean Marie, 36 ans et son épouse Emilie Lefebvre, 34 ans, leurs trois filles Emilie , 7ans, Léocadie, 6 ans,  Fortunée, 4 ans et Natalie, 2ans (une cinquième fille, Hortense, naîtra en 1833 mais elle décédera au bout de quelques mois) ainsi que les domestiques Jean Dumont, 45ans, Jean Marie Moret, 23ans et Véronique Dachicourt, aussi 23 ans, le berger Pierre Delattre, 50ans et le valet de charrue Adrien Bréfort, 19ans. Jean Marie s’éteint en 1835 à seulement 40 ans et la famille semble se retirer assez vite à Boulogne (elle n’apparaît plus dans les recensements de 1836 d’Isques ou d’Échinghen) où l’aînée des filles, Antoinette Eugénie Émilie Daguebert, marchande de nouveautés sur la rue Neuve Chaussée épouse en 1855 François Louis Joseph Coulombel, 28ans, sans profession, fils de François Coulombel, marchand boulanger et de Joséphine Françoise Roger, demeurant avec père et mère au 33 rue de Lille (Les époux signent ainsi que les parents de l'époux et l'aïeule de l'épouse soit M.F. Moreau de Vernicourt. Les témoins sont Augustin Louis Roger, 54ans, propriétaire à Boulogne, oncle maternel de l'époux, Pierre Louis Marie Stevenard, 53ans, horloger mécanicien, bel oncle paternel de l'époux, Jacques Antoine Lefebvre, 53 ans, propriétaire  cultivateur à Isques, oncle maternel de l'épouse et Firmin Daguebert, 50 ans, propriétaire à Outreau, oncle paternel de l'épouse). Le couple qui habite rue des Vieillards à Boulogne ne semble pas avoir eu de descendance. Emilie s’éteint rentière de 64ans en 1888 (les témoins sont Jean Baptiste Coulombel, 84 ans, propriétaire et chef de bureau honoraire à la mairie de Boulogne et Louis Bouclet, 36 ans, armateur, cousins par alliance). Joseph Coulombel décède  cinq ans plus tard, à 65ans, lui aussi rentier (les témoins sont François Bary, 64ans, notaire et ami et  Georges Cresson, 31 ans, avocat et cousin). Les trois sœurs d’Émilie restent célibataires et vivent ensemble, rentières, au 20 rue du Temple. La plus vieille, Léocadie s’éteint à 72 ans en 1898, puis Natalie en 1906 à 77 ans et finalement Fortunée en 1907 à 79 ans (dans les trois cas, Henry Jarrett, entrepreneur de 49ans en 1898 est témoin avec un de ses fils, John ou Henry, ou son employé William Brereton comme deuxième témoin).

Suivent Philippine Augustine née en 1796 (les témoins sont Philibert Moreau, 17ans, accompagné de sa mère Marie Jacqueline Destrée veuve Moreau et donc l’oncle du nouveau-né et Marie Jeanne Françoise Philippine Destrée, 27 ans, de St Etienne) qui ne survit que 26 jours et Augustin Victor né en 1797 (les témoins  sont Louis Victor Destrée, 44ans et Marie Madeleine Rosalie Courgain) qui décède 10ans plus tard (les témoins sont ses frères Jacques Antoine Marie Daguebert et Louis Marie Daguebert, cultivateurs). Vient ensuite Sophie Pétronille Daguebert née à Outreau en 1799 avec Pierre Honoré Routtier, 50ans, notaire public à Boulogne et Jeanne Gabrielle Sophie Moreau,22 ans, sa tante, comme témoins. En 1825, elle épouse à Outreau Jean François Lecat, propriétaire cultivateur de Bazinghen, fils de feu Jean Lecat et Marguerite Euphroisine Charles, rentière (Signature des époux, de la mére de l'épouse et des témoins :  Pierre Antoine Verlingue, 39 ans, et Barthélémy Bouclet, 34 ans, tous propriétaires cultivateurs à Bazinghen et beaux-frères de l'époux ; Louis Marie Daguebert, 35 ans, propriétaire à Bazinghen, frère germain de l'épouse  et Etienne Théodore Baudry, 30 ans, propriétaire à Outreau, beau-frère de l'épouse. La mention de Louis Marie, cultivateur à Bazinghen est un peu étonnante puisqu’il ne semble pas avoir quitté Outreau après son mariage de de 1812 avec Marie Anne Davault de Tihen. L’autre frère de l’épouse, Alexis Daguebert semblerait plus approprié puisqu’il réside à Bazighen en 1825 après son mariage avec Catherine Seillier en 1822 ). Le couple s’établit à Bazinghen où Jean François est propriétaire cultivateur et où naissent cinq enfants entre 1825 et 1833. Les témoins à la naissance de ces enfants sont des voisins de Bazinghen : trois fois l’instituteur Louis Joseph Frére, 22 ans en 1825, deux fois le charron Louis Marie Potez, 30ans en 1827, et le  propriétaire cultivateur Nicolas Lorgnier, 33ans en 1830, une fois le domestique Antoine Paques,30 ans en 1825, et le berger François Mouchon, 34ans en 1831 ainsi que  Barthélemy Bouclet, 44ans en 1833, cultivateur, bel oncle paternel. Le couple aura un dernier enfant en 1838 à Outreau. Dans le recensement de Bazinghen de 1831, on retrouve Jean François Lecat, cultivateur, 31 ans, Sophie Daguebert, 30ans, son épouse, leur trois enfants : Jean Louis, 5ans, Sophie, 2 ans et Auguste Firmin, 1 an, les domestiques François Guerlain, 64ans et Josephine Casin, 19 ans et le garde moulin François Dufour, 30 ans. Dans celui de 1836, la famille n’est plus à Bazinghen, mais plutôt à Outreau, juste à côté de la ferme du Renard : le père Jean Lecat, cultivateur, 33 ans et la mère, Sophie Daguebert, 37 ans, sont avec leurs quatre enfants : Jean Louis, 10ans, Sophie, 9 ans, Auguste Firmin, 5 ans et Juste, 3ans, les domestiques Germain Duval, 34 ans et Ambroise Lacroix, 33 ans ainsi qu’Antoine Yvart, 48 ans. L’opération grossit en 1841 puisqu’en plus de  François Lecat devenu ménager (probablement pour la ferme du Renard), de son épouse Pétronille Daguebert et des enfants François, Sophie, Barthélemy, Jules et Marie Louise, il y a cinq domestiques : Joseph Muselet, Célestin Specq, Louis Tiennery, Hipolite Boutillier et toujours Ambroise Lacroix. En 1846,  Jean François Lecat, 42 ans, est toujours ménager avec sa femme Sophie Daguebert, 46 ans, ses enfants : Jean François, 21 ans, Sophie 19 ans, Firmin, 15 ans, Justin,13 ans et Marie 7 ans mais plus aucun domestique. La situation n’a pas beaucoup changé en 1851. La famille habite rue de Fourcadenne au bourg d’Outreau; François Lecat, 48 ans, est toujours ménager; le fils aîné Jean François n’est plus là; Sophie, 24 ans, est lingère alors  que Firmin, 19 ans et Juste, 17 ans, sont employés de commerce; la fille cadette Marie complète le ménage. En 1856, la famille semble ne plus être à Outreau. On les retrouve dans la région du Havre en Seine Maritime en 1858 quand leur fille Marie Madeleine Sophie Lecat, alors âgée de 31 ans et « marchande de rouenneries » (tissus) à Graville Sainte Honorine (banlieue est du Havre) y épouse Léopold Narcisse Acher, marchand épicier à St Romain de Colbosc (encore un peu plus à l’est, entre Le Havre et Rouen), veuf d’ Héloise Eugénie Douelle, et fils de Louis Casimir Joseph Archer, marchand épicier et Louise Adèle Lefée (Les pères des époux, incluant Jean François Lecat, alors entrepreneur à Graville, sont présents et consentants. Les mères sont également consentantes mais « absentes par indisposition ». Les témoins sont Jean Louis Lecat, 32ans, entrepreneur à Graville, frère de l'épouse, Léon Acher, 25ans, employé de commerce à Rouen, frère de l'époux, Juste Lecat, 25 ans, commis à Graville, frère de l'époux et Charles Naghie, 33ans, entrepreneur au Havre, amis des époux). Le couple Acher-Lecat aura au moins un enfant, Arthur Firmin Acher, né en 1859 à Saint Romain de Colbosc où ses parents sont marchand épiciers et qui fera carrière dans les chemins de fer. Narcisse léopold Acher s’éteint en 1872 à Deauville où il est restaurateur. Son épouse, Sophie Lecat, décède en 1881 à Petit Quevilly, au sud de Rouen, où elle est blanchisseuse. Ses parents ne sont alors plus de ce monde mais on n’a pas encore retracé le lieu et la date de leur décés de mêmes que la destinée des deux frères de Sophie, témoins au mariage de 1858.

Après Marie Augustine née en 1801 (les témoins à la naissance sont son frère Louis Marie Dagbert, 12 ans accompagné de leur oncle Philibert Moreau, 22 ans et Marie Antoinette Daguebert, 24 ans, vraisemblablement la fille du couple Dacquebert-Sergeant vu plus haut et donc une cousine du père) qui ne survit que 2 mois, le treizième et dernier enfant du couple Daguebert-Moreau de Vernicourt est Firmin Daguebert, né à Outreau en 1803 avec pour témoins son oncle Antoine Marie Jacques Moreau, 21 ans et mademoiselle Louise Marie Marguerite Brigitte Bétancourt, 20 ans, de Boulogne. C’est probablement lui qui hérite de la ferme du Renard après le mariage de ses frères Alexis en 1821 et Jean Marie en 1822. Par la suite il est toujours qualifié de cultivateur propriétaire à Outreau. Il participe à l’exposition agricole de la Société d’Agriculture, du Commerce, des Sciences et des Arts de Boulogne  sur Mer de 1850 et se fait remarquer pour son blé roux anglais,son avoine blanche du pays et autres productions (fève, navet, rutabaga, carotte, pommes à cidre, agneaux..). Brièvement officier d'état civil en 1848, il est adjoint en 1871 et maire de 1872 à 1880.  Il se marie à 71 ans (!) en 1875 à Outreau avec sa nièce (!) Marie Clémence Daguebert, fille d'Alexis et de Marie Catherine Seillier (voir section suivante. Dispense de 3e degré octroyée par le Président de la République. Signature de la mère de l'épouse, Catherine Seillier. Les témoins sont François Barthélémy Philibert Moreau de Vernicourt, 67 ans, et  Louis Antoine Armand Moreau de Vernicourt, 63 ans, cultivateurs propriétaire à Outreau, cousins germains maternels de l'époux, Alexis Daguebert, 53ans et Antoine Athanase Daguebert, 48ans, cultivateurs à Ambleteuse, frères germains de l'épouse). Ils ont une fille (!), Louise Marie Clémence Florentine Daguebert, née à Outreau en 1878 (les témoins sont de nouveau Louis Antoine Armand Moreau de Vernicourt, 67ans, propriétaire et François Boidin, 61ans, secrétaire de mairie) qui épouse Louis Marie Joseph Lebecq, cultivateur à Outreau, fils de Louis Marie Antoine, cultivateur et Marie Elisabeth Delforge, en 1897 à Outreau. C’est elle qui était propriétaire de la ferme du Renard  lors de la visite de Rodière vers 1925.

Au recensement de 1820, il y avait à la ferme du Renard Marie Françoise Moreau de Vernicourt, cultivatrice de 51 ans et six de ses enfants Daguebert : Alexis Marie, 30ans, Marie Louise, 29ans,  Marc, 28ans, Jean Marie, 25ans, Sophie, 22ans et Firmin, 16 ans ainsi que huit domestiques : François Gense, 22 ans, Nicolas Griset, 22 ans, Thery Desguisne, 27 ans, Marc Gressier, 25 ans, Antoine Perard, 16 ans, Maxime Dufour, 16 ans, Jacques Antoine Sergeant, 22 ans et Geneviève Langlais Menefille, 20 ans. Dans celui de 1831, ils ne sont plus que trois enfants, Marie Louise, 40ans, Jean Marc, 39ans et Firmin, 27ans avec leur mère Marie Françoise, 62ans. Il n’y a plus qu’une domestique, Marie Constance Talleux, 18ans, et un garçon de charrue, Nirguie? Delbarre, 28ans et un couple de ménagers, Auguste Muselet, 28ans et Marie Jeanne Sophie Descamps, 30ans avec leur fille de un an Marie Augustine Muselet.Dans celui de 1836, Florentine Moreau de Vernicourt, veuve Daguebert, 68ans, rentière est toujours avec ses trois enfants (Marie Louise, 46ans, Marc, 44ans et Firmin, 32 ans) et une seule domestique, Pauline Merlin, 20ans. Dans celui de 1841, Florentine n’est plus qu’avec Marie Louise et Firmin et la domestique Austreberthe Vigreux. En 1846, Firmin daguebert, 42 ans, cultivateur, est vraiment le chef du ménage avec sa soeur Marie Louise, 55ans, leur mère Florentine Moreau de Vernicourt veuve Daguebert, 77 ans auquel s’est joint son frère aîné Alexis,55 ans, comme domestique avec Antoine Daguebert, 20 ans et François Daguebert, 14 ans, vraisemblablement les fils d’Alexis, également comme domestiques, ainsi que quatre autres domestiques : Célestin Yvart, 38 ans, Augustin Pruvost, 25 ans, François Marie Joly, 20 ans et Marie Anne Coinon, 45 ans. En 1851, Florentine Moreau de Vernicourt, veuve Daguebert, 82 ans est propriétaire tout comme son fils Firmin, 46 ans. Marie Louise, 60 ans est toujours là tout comme Alexis Daguebert, 61 ans, et son fils Antoine, 24 ans, promus cultivateurs. Les domestiques sont : François Lambert, 67 ans, Valentin Salomon, 57 ans,  Jean Baptiste Docquois, 32 ans, Françoise Justine Josephine, 39 ans et François Muselet, 15 ans avec le berger François Condette, 42ans. Cinq ans plus tard, il ne reste plus que Florentine, 87 ans, et Firmin, 57 ans, avec trois domestiques : Joséphine, 4 ans, enfant de l’hospice, Louis Marie Dumont, 56 ans et François Legrand, 29 ans et le berger Adrien Varlet, 60 ans.

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